L'incohérence des friandises dans l'éducation des chiens

eduquer son chien sans friandise

Une question que l’on nous pose souvent est pourquoi avons-nous décidé instinctivement de ne pas utiliser les friandises dans l’éducation des chiens, chiots, de toutes races et tous âges, alors que nous prônons une méthode naturelle. Nous vous l'avions promis au travers de nos réseaux sociaux et voici nos arguments qui risquent de secouer une partie du monde canin. Ces personnes qui nous diffament et nous mettent une pression au quotidien, peut-être pour protéger leurs intérêts plutôt que ceux de l'animal ? 

Tout au long de cet article nous allons vous expliquer pourquoi on vous induit en erreur de partout dans le milieu canin (livres, vidéos, centres...) avec cette désignation de "technique" qui berne et sous estime l'intelligence du chien.

Avant de commencer, nous tenons à souligner que cet article n'est pas là pour juger ceux qui l'utilisent ou les vendent.

Nous ne sommes pas contre l'achat des friandises, viandes séchées, gâteaux... pour faire plaisir à son chien.

Nous sommes juste en désaccord dans l'utilisation des ces dernières pour éduquer son chien.

 

UN PROCESSUS DE DÉTOURNEMENT


Tout d'abord, créer un lien avec un animal, une complicité, ne peut naître qu'avec une éducation cohérente et sincère. L'utilisation de la friandise est un produit, un leurre, un stratagème. Au moment ou on enseigne au propriétaire l'utilisation de la friandise, celui-ci sera fier car elle semble fonctionner. Mais qu'en est-il réellement ?

Imaginez-vous un instant que l'on doive vous nourrir continuellement et que pour vous récompenser d’une bonne action effectuée, on vous donne à manger. Votre attention, votre affection vis-à-vis de la personne qui vous nourrit sera portée uniquement pour répondre à un besoin primaire. Votre cheminement de réflexion sera donc : je fais une bonne action = je mange ! C’est exactement ce qu’il se passe dans la tête des chiens.

Mais dites-nous, vous forcez-vous de manger lorsque vous n’avez pas faim ? Et bien les chiens non-plus. 

Combien de fois avons-nous pu observer des propriétaires, une friandise à la main essayer tant bien que mal de rappeler leurs compagnons lors des promenades, en vain. Déçus, la plupart vont sortir cette fameuse phrase : « mon chien est têtu, il n’écoute rien ». Seulement, vous-êtes-vous déjà posés les bonnes questions ? Et s’il n’avait tout simplement pas faim ? Pourquoi venir chercher une friandise puisque je n’en ai pas envie ? Et oui, les odeurs que je renifle sont beaucoup plus intéressantes !

Un chien éduqué à la friandise ne reviendra pas ou n’effectuera pas une action précise pour l'amour de ses propriétaires, mais uniquement s’il veut sa récompense et donc envie de manger, même par gourmandise.

Votre animal fixera sans arrêt vos mains, puisqu’elles sont nourricières, mais aura beaucoup plus de mal à s’intéresser à vous de manière profonde. Quand voulez-vous que votre chien vous regarde ? Bien manier le langage exige d'en saisir la pragmatique de l'usage, c'est à dire comprendre dans quelles mesures le mode, la forme et le contexte de ce que l'on énonce, affecte le sens de nos paroles.

Afin de rassurer et ne pas culpabiliser les propriétaires, la majorité vont dire qu'il faudra diminuer les friandises pour ne pas habituer l'animal jusqu'à ne plus en donner.

Considèrent-ils que l'animal est naïf et amnésique ? Si le chien est capable de comprendre le concept par rapport à l'exécution d'une instruction motivée par de la friandise, que se dira t-il le jour ou il se retrouvera face à une poche vide ? Évitez de sortir un mouchoir ou votre téléphone, l'expérience prouve que le chien s'attendra à quelque chose et sera totalement déçu de ne rien recevoir en retour !

Cette argumentation démontre clairement leur méconnaissance réelle du chien et de leur lacunes dans la compréhension de l'animal. 

Pour nous la friandise est en réalité une parade qui n'a rien d'inée pour le chien et qui vous fait oublier l’essentiel : le chien n’est pas bête, il veut vous faire plaisir. C'est votre satisfaction qui le comble et l’incite à effectuer une action précise ou revenir lors d’un rappel par exemple. Il est révélateur d'observer les performances des chiens dans des aptitudes que nous croyons réservées à l'Homme. 

 

LES INCOHÉRENCES DE LA FRIANDISE

Pour aller plus loin dans notre raisonnement, nous allons vous détailler les incohérences de l’utilisation de cette parade et cela va vous paraître évident, sauf bien sur pour les extrémistes de la friandise qui vont se tirer les cheveux en lisant cet article... 

Prenons le refus d’appât par exemple. Une aberration que vous nous avez livrés de nombreuses fois lors de vos passages à La Méthode Gun. De nombreux clubs canins et éducateurs vous apprennent à ce que votre chien détourne son attention s’il y a de la nourriture au sol. Evidemment que c’est primordial pour la sécurité de votre chien tout au long de sa vie (d'ailleurs nous allons proposer prochainement une formation spécialisée sur le refus d'appât), mais utilisent-t-ils la bonne technique ? Non malheureusement. Lorsque votre chien s’approche de l’appât, il le renifle, on vous indique de dire « NON » et ensuite vous récompensez votre chien en lui donnant à manger. 



On marche sur la tête ! Comment voulez-vous que votre chien comprenne que c’est une interdiction si vous le récompensez par quelque chose que vous venez de lui interdire à l’instant ? De plus, le « NON » que vous associerez à la friandise aura l’effet inverse et votre chien comprendra qu’il peut manger ce qui se trouve par terre. C’est cette façon de procéder qui n’est pas logique. 

Comment pouvez-vous faire la différence entre la friandise et le poison ? Comment faire comprendre à son animal de ne pas manger un aliment (poison) à l'extérieur alors que vous le récompensez en le nourrissant ? De plus, vous n'êtes pas à l'abris de faire tomber votre friandise par terre et que votre chien la ramasse ! 

Cet article vous explique avec évidence que la compréhension du chien est très complexe, et démontre clairement les lacunes de ceux qui vous l'enseigne !

L’éducation ne peut pas se faire par détournement, ou par de la contre-partie, le chantage qui entrainent un mal-être, ou une fausse relation avec son chien ! Il faut de l'authenticité avec son compagnon.

Il est plutôt préférable et même évident de nous faire comprendre de son chien grâce à nos émotions physiques, expressions faciales, vocalises, le regard... plutôt que les doigts qui ne comportent aucune émotion, aucune expression et encore moins avec une friandise... 

Les extrémistes de la friandise ne vous l'ont pas expliqué ça ?   

Il est préférable que votre chien vous connaisse véritablement en créant un lien avec lui plutôt que d'utiliser une contrepartie alimentaire. Le procédé du chantage n'a aucun sens sauf pour les bornés de la friandise qui vous l'enseignent pour créer une illusion et vendre leurs prestations plus facilement. D'ailleurs ce sont les mêmes qui vous conseillent de venir avec votre chien à jeun avant leurs séances afin que votre animal soit affamé et que leur manoeuvre ai plus de chance de fonctionner. Si ça ce n'est pas une forme de torture...

La vérité est là et dérange ! Et nous pouvons même aller plus loin : Certains utilisent et vous préconisent des outils farfelus et de torture (canettes, bouteilles, remplies avec des cailloux ou boulons, colliers électriques, étrangleurs, à pointes, Pet Corrector...) pour créer un châtiment corporel sur le chien au lieu de faire appel à son intellect... 

Deuxième exemple de l'incohérence des friandises : quand un chien n’est pas correctement sociabilisé ou a vécu une expérience traumatisante et qu’il croisera d’autres congénères il ne sera pas rassuré. Beaucoup donnent une friandise si le chien n’a pas grogné en croisant un autre congénère pour le féliciter mais n’ont pas observé ses signaux corporels (babines relevées, léchage intempestif, queue rentrée, poils hérissé etc…). Cela confortera votre chien que son attitude est bonne et renforcera sa peur. 

Voilà pourquoi nous ne recommandons pas l’utilisation des friandises, qui même si en apparence ont l’air inoffensives, peuvent en réalité causer des dégâts dans l’éducation et le comportement des chiens dans leur compréhension réelle.

En plus de ne pas renforcer le lien vous risquez même de créer un fossé entre votre animal et vous. Ex : "J'appelle mon chien, il ne répond à mon appel, je vais interpréter que mon chien ne veut pas venir, alors que lui vous indique qu'il n'a sans doute pas faim" Le but est que ce dernier vous obéisse naturellement à tout instant sans rien avoir dans vos poches ou sacoches à friandises mais uniquement grâce à votre coeur, votre réelle personnalité pour réussir à créer une vraie connexion avec lui ! 

Rassurez-vous, votre chien saura faire la distinction. Avec la bonne méthode il n'est jamais trop tard. Pour vous redonner espoir, de nombreux stagiaires passés par de multiples procédés incohérents ont pu retrouver un lien fort avec leur animal en passant par l'éducation 100% naturelle chez nous.  

Enfin, il s'agit d'un article de quelques lignes que nous pourrions développer sur plusieurs pages pour accentuer les problèmes autour de la friandise. Nous voulions simplement tenir notre engagement face à ceux qui ont tenté de nous faire taire depuis longtemps. Il nous fallait juste un peu de temps pour pouvoir nous investir et l'écrire et c'est chose faite ! 

21 commentaires

Bonjour Joseph, je connais l
Bonjour Joseph, je connu la méthode Gun depuis 6 mois via Youtube, jamais je n’ai vu quelque chose d’aussi authentique, c’est presque impensable de ne pas être plus connu du grand public. Si vos chiens sont empathiques vous l’êtes tout autant avec eux.
C’est d’une beauté à voir.
J’ai eu un croisé Bulldog Français / Jack Russel pendant 19 ans. Incroyable cette relation avec mon chien.
Jamais de friandise, toujours d’une complicité incroyable, le grand vide.
Bravo pour votre travail, c’est juste époustouflant.

Eric Materne

cette “mode” des friandises est plutôt récente ! de même qu’il ne viendrait à l’idée de personne de conditionner l’obéissance de ses enfants à la distribution de bonbons !
J’ai eu la chance de lier une vraie complicité avec mes animaux bien avant qu’apparaisse cette mode “d’éducation positive” !
petite anecdote : habitant en banlieue d’une grande ville, j’avais l’habitude de “nourrir” les oiseaux du ciel. Le chat des voisins étant très intéressé par cette opportunité, je demandais à ma chienne de “ranger” le chat … Le terrain n’étant pas clos (par arrêté municipal) ma chienne arrêtait sa poursuite juste à la limite de la propriété, et le chat se couchait un ou deux mètres plus loin. ce qui amusait beaucoup les voisins !

Martine GRANDJEAN

Meilleurs voeux pour cette nouvelle année 2025 à toute l’équipe. Vos conseils sont précieux dans la relation que j’aime avoir avec mes animaux.
Merci

Vieillescazes

j’ai travaillé à contre sens de tout ce que je viens de lire, et c’est sans doute ce qui explique que je n’arrive pas à me faire comprendre de ma petite nénette, ce que vous dite est plein de bon sens, effectivement ma chienne regarde toujours où se trouvent mes mains et lorsqu’elle agit (par exemple au rappel) elle revient et se positionne en attendant sa récompense, cela explique bien que lorsqu’elle ne revient pas c’est que le reste est plus important que la récompense supposée, et ça ce n’est qu’une petite partie …

CLAUDINE LE ROUX

Merci pour ces explications logiques, pleine de bon sens et de réalité.
J’ai eu 3 boxers dans ma vie, tous dcd vieux. Le 1er, Max, a été tellement complice avec moi, c’était mon ombre, je l’emmenais partout, sans laisse, lui a pieds, moi à cheval. Je l’ai tellement aimé que je n’ai voulu que des boxers. Lorsqu’il est dcd j’ai cherché à retrouver la même complicité. J’ai pris un chiot boxer, Clinton.
Catastrophe, Clinton était complètement différent, turbulent et ingérable. Au ski il s’énervait contre les skieurs, les luges, les enfants qui jouaient. Il m’a déboîtée l’épaule, puis fracturé une côte (chute). J’ai eu beaucoup de mal à lui faire comprendre qu’il ne devait pas s’aventurer dans les paddocks des chevaux pour sa sécurité.
J’ai vu l’urgence de l’emmener au centre d’éducation canine. Le (re)dresseur canin ne l’avait jamais vu, ne savait pas où il vivait (dans un parc privé de 2 hectares entièrement clôturé), ni comment il vivait. Rien sur le chien, rien sur moi. Immédiatement collier étrangleur et obligation de tourner dans un cercle. Il m’a pris la laisse et m’a montré comment m’y prendre. Il a traîné mon chien de 18 mois au sol sur le dos sur plusieurs mettre. Mon boxer était paniqué, effrayé, blessé.
Je lui ai enlevé le collier étrangleur preté, remis le sien et j’ai démarré la voiture en trombe.
Résultat, mon boxer n’a jamais voulu remonter dans la voiture ni sortir des 2 hectares clôturés dans lesquels je vivais avec mes chevaux. Après son décès vers 10 ans,  Hutch est arrivé à 2 mois. Mais c’est moi qui était traumatisée, il n’est jamais sorti des 2 hectares,  n’a jamais vu la mer, ni escaladé une colline, ni creusé la neige… tout ce que Max avait fait tout au long de sa vie sans laisse.
Aujourd’hui je n’ai plus de chien, ni les 2 hectares de terrain. Mes chevaux sont morts très âgés. Dans quelques temps je serai à la retraite et je donnerai tout mon temps libre à un chien que j’adopterai dans un refuge. C’est certain, je viendrai vous voir pour le chien mais aussi pour moi.
Merci à vos adorables malinois. Faites leur une caresse de ma part.

Sophie

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